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Le constat

Nous sommes plus de 7 milliards de femmes et d’hommes sur la planète, chaque jour plus interdépendants et confrontés aux mêmes défis et crises (politique, économique, sociale, écologique), qui se succèdent et s’alimentent entre eux. Face à cette situation, les politiques publiques — aux niveaux français, européen et international — ne sont pas aujourd’hui à la hauteur des enjeux. Les citoyen-ne-s en France et dans le monde, notamment les plus vulnérables, subissent de plein fouet ces crises et sont en attente de vraies réponses. Elles existent. Que ce soit par un juste partage des richesses, par la promotion de la justice climatique et de la souveraineté alimentaire, ou par la protection des droits humains, des choix politiques et stratégiques fondamentaux s’offrent à celles et ceux que nous élirons en 2017. C’est une question de courage, de volonté et de vision. Parce que les hommes et les femmes qui vont candidater à la présidence de la République et à l’Assemblée nationale doivent se donner l’ambition d’une France plus solidaire et d’un monde plus juste. Parce qu’il est encore temps de le faire.

Des inégalités en France et dans le monde qui affaiblissent le contrat social

Les inégalités ne cessent de s’accroître dans la majorité des pays du monde : désormais les 8 personnes les plus riches possèdent autant que la moitié la plus pauvre de la population mondiale, soit 3,5 milliards de personnes, composée en majorité de femmes. Une minorité - multinationales et individus - contrôle les règles du jeu économique et politique à son avantage, et échappe largement au contrôle des gouvernements et à l’impôt en particulier. Ce faisant, cette minorité prive les Etats de ressources considérables, nécessaires pour fournir aux citoyen-ne-s des services essentiels (éducation, santé, etc.) qui leur permettraient de faire progresser leurs droits. Par ailleurs, la montée en puissance des acteurs privés dans l’élaboration des politiques publiques interroge sur la captation d’une partie du pouvoir démocratique et sur la prise en compte de l’intérêt général.

Protégées par la structuration en groupes de sociétés qui diluent les responsabilités, des entreprises multinationales peuvent ainsi contourner les lois et ne pas répondre des impacts de leurs activités en matière de dommages environnementaux ou de violations des droits humains, tout au long de leurs chaînes d’approvisionnement. Tout cela sans que les Etats ne s’en émeuvent ou ne s’en saisissent, sauf quand un scandale éclate. Les droits des femmes, en particulier, sont plus menacés dans de telles situations d’inégalités économiques.

Mais un autre partage des richesses est possible au sein d’une économie remise au service des besoins et des droits de tous les citoyens et citoyennes. En encadrant et en régulant les activités du secteur privé, en développant des politiques publiques justes et solidaires, l’Etat peut servir le bien commun.

Changement climatique et modèle agricole à l’agenda

Les dérèglements climatiques et la recrudescence des phénomènes climatiques extrêmes s’accélèrent sur tous les continents. Leurs impacts sont de plus en plus ressentis pour les millions de personnes déjà vulnérables, notamment dans les pays les plus pauvres. Malgré cela, nos modes de production et de consommation n’évoluent malheureusement pas encore assez vite pour maintenir le réchauffement climatique en deçà des 1,5°C à l’horizon 2100, au-delà desquels les changements pourraient devenir irréversibles. Notre addiction collective aux énergies fossiles reste démesurée, et les modèles de production agricole proposés pour répondre à la fois au défi de l’insécurité alimentaire et des changements climatiques semblent inefficaces. La spéculation sur les matières premières agricoles, la promotion de l’agrobusiness et le libre-échange à tout va restent malheureusement privilégiés par les Etats. N’oublions pas que plus de 800 millions de personnes souffrent de la faim, dont une majorité de femmes.

Il est impératif de s’engager fermement dans une transition énergétique et agricole juste et durable qui promeuve des solutions véritables et enclenche un changement de modèle, bénéficiant ainsi à toutes et tous et notamment aux plus vulnérables.

Une France exemplaire, une France solidaire

Les conflits, les violences terroristes, la répression mais également une pauvreté endémique au Proche-Orient et en Afrique ont jeté sur les routes des millions de femmes et d’hommes. Nous sommes désormais au cœur de la plus grande crise de réfugiés depuis la Seconde Guerre mondiale, et les réponses qu’y apportent notamment les Etats européens sont insuffisantes, inefficaces et inhumaines.

La crise multiple à laquelle nous faisons face - écologique, économique, sociale et sécuritaire -, largement due à l’accumulation de choix politiques erronés et à court terme, frappe tous les pays, et tous les citoyen-ne-s, dont les droits sont de plus en plus bafoués et remis en question. La France doit donc avoir une parole forte au sein de l’Union européenne et sur la scène internationale, au service de la défense des droits humains, des biens publics mondiaux, et de la réalisation des Objectifs de Développement Durable qui visent notamment à éradiquer la pauvreté et la faim dans le monde d’ici 2030.

Mais pour être solidaire, encore faut-il être exemplaire : à l’intérieur de nos frontières, les droits des étranger-e-s et les libertés fondamentales sont menacés, la politique publique de solidarité internationale s’affaiblit d’année en année. La transition énergétique reste contrainte par la puissance des lobbies, et les multinationales bénéficient d’une latitude injustifiable pour pratiquer l’évasion fiscale, ou encore pour agir au détriment des droits des populations locales et de leur environnement, autant de pratiques qui touchent les pays en développement de façon disproportionnée. Face à cela, la confiance de l’opinion publique française envers la capacité de la classe politique à faire face à ces défis et ces crises ne cesse de diminuer.

L’accès aux droits et la solidarité doivent impérativement être au cœur de tous les engagements de la France et de l’Europe, qu’il s’agisse des politiques migratoires, économiques et commerciales ou encore de la lutte contre les discriminations.

Les citoyen-ne-s porteurs de solidarité(s)

En parallèle, de nombreuses initiatives citoyennes voient le jour au niveau local comme international, des alternatives sont proposées et nombre de nos concitoyen-ne-s s’engagent et se mobilisent pour une société plus juste, durable et solidaire. Si ces dynamiques montrent que d’autres modèles sont possibles et souhaités, ceux-ci restent encore trop peu considérés par les décideurs et insuffisamment pris en compte dans les politiques publiques.

Nos 15 propositions